GENEVE: Elimination des formes de discriminations à l’égard des femmes: le RIDDEF et ses organisations partenaires font des recommandations à l’Etat ivoirien

Category: Formations - Educations Publié par FranckYAO On July-15-2019 02:11:37

Dans le cadre de l’évaluation de la Côte d’Ivoire sur la mise en œuvre de la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes(CEDEF), Mme Chantal KOUADIO Ayemou, la présidente nationale du Réseau ivoirien pour la défense des droits
de l’enfant et de la femme (Riddef), a pris la parole, le 1er juillet 2019 à Genève, devant le comité pour l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes. Et ce, pour présenter le rapport parallèle du RIDDEF et de ses organisations partenaires que sont la Clinique Internationale Des Droits de l’Homme de l’Université de Québec à Montréal (CIDDU) et l’ONG HUMAN DIGNITY (France). C’était lors de la session publique relative à la quatrième évaluation du rapport périodique soumis par la Côte d’Ivoire en application de l’article 18 de la Convention, attendu en 2015.
L’intervention du RIDDEF et de ses organisations partenaires a tourné autour de trois grands axes. Notamment, les violences faites aux filles et aux femmes travailleuses domestiques, la participation des femmes à la vie publique et politique et les pratiques traditionnelles néfastes.

Face au comité pour l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes, Mme Chantal Kouadio Ayemou a expliqué que les violences faites aux filles et aux femmes travailleuses domestiques constituent une réalité en Côte d’Ivoire. « Selon une étude menée par notre organisation en 2014, la plupart de ces filles et de ces femmes subissent des violations de leurs droits allant de la privation de salaire, passant par les violences morales, les violences physiques et les violences sexuelles ainsi que les viols », a-t-elle indiqué.

A en croire la présidente du Riddef, les violences faites aux femmes demeurent courantes en Côte d’Ivoire, malgré des programmes mis en place par l’État. En l’absence d’enquête statistique nationale sur la question, il semble difficile pour l’État d’évaluer la gravité de la situation pour ensuite agir en conséquence et faire un suivi des mesures prises. Le manque d’effectivité du cadre législatif pose un frein à une réelle protection des victimes. La prévalence de pratiques discriminatoires, particulièrement en zone rurale, contribue à perpétuer la violence dont sont victimes les femmes et les jeunes filles ivoiriennes, soutien-t-elle.

Pour ce qui est de la participation des femmes à la vie publique et politique, elle fait constater que les femmes « demeurent encore minoritaires dans les sphères politiques et de prise de décisions ».Cela, en dépit des programmes mis en place par l’État ivoirien afin de stimuler la participation des femmes à la vie publique et la vie politique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Par exemple, au niveau de la sphère politique : Gouvernement : 16% de femmes ; Assemblée Nationale 11 % de femmes ; Sénat : 19% ; Mairie : 5% et Conseil régional 3%.

« La loi adoptée en mars 2019, établissant un quota minimum de 30% de femmes sur le nombre total de candidats présentés pour les différents scrutins électoraux est certes une avancée, mais il n’en demeure pas moins que son contenu est actuellement incertain et ses retombées impossibles à évaluer », a relevé Mme Ayemou.

Pour ce qui est des pratiques traditionnelles néfastes, à savoir les mariages forcés et précoces et les Mutilations Génitales et Féminines, elles sont persistantes au sein de la société ivoirienne malgré l’existence d’un cadre législatif qui les interdits.



Au regard des faits, le RIDDEF et ses organisations partenaires que sont la Clinique Internationale Des Droits de l’Homme de l’Université de Québec à Montréal (CIDDU) et l’ONG HUMAN DIGNITY (France) recommandent à l’État ivoirien de ratifier la Convention de l’OIT n°189 concernant le travail décent pour les travailleuses et travailleurs domestiques, ratifier la convention 190 de l’OIT sur l’élimination de la violence et du Harcèlement dans le monde du travail et d’adopter d’une loi ivoirienne réglementant le travail domestique sur toute l’étendue du territoire national.

On retient aussi que l’Etat doit mettre en place un système de collecte de données sur les violences basées sur le genre et assurer un suivi et une mise à jour régulière des données collectées par la suite, prendre des mesures efficaces afin d’assurer une éducation de qualité adaptée aux filles et afin d’encourager celles-ci à demeurer à l’école, développer un système judiciaire capable de réprimer efficacement et adéquatement les crimes à caractère sexuel.

Quant à la délégation officielle de la Cote d’Ivoire, elle sera évaluée le vendredi 05 juillet 2019.

Le RIDDEF, faut-il le rappeler, a été créé en 2013 et représenté dans 15 zones de l’intérieur du pays. C’est une organisation apolitique, laïque et indépendante qui se réserve néanmoins le droit de se prononcer sur toute question ayant une conséquence directe sur les droits de l’enfant et de la femme et sur la cohésion sociale. La vision de l’organisation est d’aider à l’établissement d’une société juste et soucieuse de la protection des catégories vulnérables que sont les femmes et les enfants mais aussi d’outiller les femmes à la base à l’exercice de leurs droits et devoirs pour leur propre développement.

Augustin Tapé

Source : DECLARATION ORALE DU RESEAU IVOIRIEN POUR LA DEFENSE DES DROITS DE L’ENFANT ET DE LA FEMME (RIDDEF) SUR LE RAPPORT CEDEF SUR LA COTE D’IVOIRE, GENEVE, JUIN 2019

Présentée par Madame KOUADIO-AYEMOU CHANTAL, PRESIDENTE DU RIDDEF


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Chaque année, plus de 12 millions de filles dans le monde sont mariées de force avant l'âge de 18 ans. En Côte d’Ivoire, la loi fixe l’âge minimum du mariage à 18 ans pour les filles mais, une enquête du Fonds des nations unies pour l’enfance (Unicef) révèle qu’en 2016, plus de 4 filles sur 10 (soit 40%) ont été contraintes au mariage avant l’âge de 18 ans. Le mariage forcé et précoce de la jeune fille est une réalité. Ces filles voient alors leur droit à l’enfance et à l’éducation volé, et leurs perspectives d’avenir et d’évolution limitées. Le mariage des enfants maintient les jeunes filles dans des conditions de pauvreté et d’impuissance, de génération en génération.